Bien-être · novembre 16, 2021

Vers la sobriété heureuse

Auteur : Pierre Rabhi
Date de publication: 2010
Nombre de pages: 163
Ma note: 3,5/5


Mes impressions sur le livre

Pierre Rabhi a une très belle plume et chaque phrase est méticuleusement travaillée, ce qui rend l’ouvrage agréable à lire. On retrouve la nostalgie des vertus anciennes, de la sobriété ancestrale et de la sagesse millénaire. Cet ouvrage est une introduction à un mode de pensée serein plus proche de cette nature délaissée qui nous manque.

Je ferai quelques reproches à l’auteur cependant. Il a tendance à souvent se répéter dans ses paragraphes et dans ses descriptions. On voit difficilement comment ce retour à la terre pourrait être réalisable pour la plupart d’entres nous citadins. Il semble que seule une petite poignée de personnes pourrait se payer le luxe de toute quitter comme l’a fait l’auteur afin de retourner à ce mode de vie plus paisible.

Dans tous les cas, cette invitation ne devrait pas être amèrement rejetée mais prise et considérée, pour au moins changer notre perspective des choses avant de peut-être préparer les conditions d’une émancipation urbaine souvent trop oppressante.

Résumé rapide

Le but de ce livre est de nous ramener à la sobriété ou le moyen de «satisfaire à nos besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains». Cela dans un monde où, sous couvert de progrès, le bilan énergétique est catastrophique et où l’homme est profondément insatisfait.

Introduction : du chant du forgeron au silence de l’enclume

L’auteur décrit la vie paisible de son père: respectable, humble et insouciant forgeron vivant au sein d’une cité du sud algérien où l’ardeur de la vie désertique est facilement compensée par la providence, les promesses divines et l’amitié.

On est prompt à la satisfaction et à la gratitude dès lors que l’essentiel est assuré, comme du chaque jour vécu était déjà un privilege, un sursis.

Ensuite, les colons français s’installent, découvrent la houille et proposent aux algériens un travail salarié. Ce nouveau rythme de travail encadré autrefois inconnu leur déplaît forcément… Pour ne pas perdre leur clientèle gagnée aux progrès de la technologie, les artisans ou commerçants doivent faire face à ce dilemme: demeurer ce qu’ils étaient ou plier pour mieux nourrir les bouches.

L’auteur note un fait intéressant qui pourrait bien être une anecdote: beaucoup d’algériens, une fois leur salaire perçu ne retournaient pas au travail pendant un ou deux mois. Pour quel motif ? Tout simplement parce qu’ils n’avaient pas fini de dépenser leur argent. Sagesse ancestrale.


La nature profonde de l’être humain veut que l’on travaille pour subsister et non l’inverse. Au nom des valeurs du Progrès, aussi nobles soient-elles, les hommes vont contre leur être et leurs désirs réels.

L’enclume n’a jamais résonné en moi aussi fort que par son silence.

La désillusion et le déclin du monde paysan

Fin des années 50, l’auteur est travailleur dans une usine spécialisée parisienne. Ses collègues de travail sous l’emprise des idéaux de Marx, se voient comme les petits opprimés de la société. «On en bave pour que nos enfants étudient et s’en sortent!» répètent-ils.


Les Trente Glorieuses amenèrent une société d’abondance où la France s’ennuie car surabondance et bonheur sont souvent antinomiques… Vient Mai 68 pour faire opposition à ce phénomène et rechercher un idéal de modération… Les jeunes au fond veulent être créatifs et une destinée qui est faite de challenges perpétuels pour se construire. Ce à quoi le confort matériel semble s’opposer.


Le retour à de vraies valeurs en lien avec la nature est indispensable pour se défaire du paradigme actuel où seuls la réussite sociale et le pouvoir de consommer plus sont valorisés.

Ainsi, l’auteur rappelle l’importance du rapport aux ancêtres et à la terre de ces voyageurs sahariens prenant avec eux une poignée de sable de la mère patrie. Ou bien cet homme amenant avec lui les ossements de ses aïeux suite à un exil. Ce rapport est vital pour tous les peuples quoi qu’on en dise.

Le drame de l’exil

On pourrait établit un parallèle entre la guerre de 14-18 et l’exode rural dans le sens où de jeunes paysans se voient obligés de quitter brutalement leurs terres au nom des idéaux flous de liberté et de progrès… La réalité est toute autre: disparition progressive de la cohésion sociale et moins d’attachement à la terre. La culture vivante est remplacée par la culture générale encyclopédiste dénuée de vitalité. Les hommes sont devenus des électrons hyperexcités sans stabilité intérieure. Ils subissent un stress permanent dont se nourrissent les cancers à l’affût. Sécurité de l’emploi ou servitude volontaire… Même chose.

L’aliénation du monde rural

En revenant à la campagne, on espère s’éloigner de cette mentalité productiviste forcenée urbaine. Et bien non… Il rappelle que tout s’est aggravé dans l’après-guerre avec l’arrivée de l’agrochimie (pesticides) et des machines (tracteurs). On passe de la pluriculture à la monoculture sous les directives de l’Europe et de la politique agricole commune.

La production a connu une grande amélioration mais au dépend de la qualité des terres et de la vie de beaucoup de paysans. Ces derniers sont désormais victimes de la compétitivité mondialiste qui les ruine. On perd la vertu d’un savoir faire ancestral et d’une ferme produisant des produits variés et riches.

L’imposture de la modernité

Elle est l’idéologie la plus hypocrite et totalitaire de l’histoire humaine, n’ayant réussi à apporter au fond qu’un progrès technologique considérable. Les acquis du passé et le génie humain sont vus comme des valeurs arriérées et obscurantistes sur fond d’ignorance…

Le Progrès : mythe ou réalité ?

Le terreau occidental est la spiritualité dans laquelle les modernes ont instillé des valeurs matérialistes faisant de l’homme le roi des rois et le «maître de la nature». En vérité, il est devenu l’esclave d’un système dénué de toute forme de vitalité originelle.

Le monde moderne produit une multitude de spécialistes voyant le monde de manière fragmentée et n’ayant plus aucun lien avec le tout fait de composés interdépendants, comme l’explique si bien la vision écologiste ou la médecine.

Avec sa technologie numérique, elle est génératrice d’aliénation et d’indiscrétion généralisée. Tout le monde a un accès permanent à un flot d’informations contradictoires et disputes sur disputes s’en suivent de loin, derrière un écran, au lieu de se confronter à l’humain face à face pour échanger intelligemment.

La vie moderne est un enfermement

Photo de kate.sade sur Unsplash

De la maternelle à la mort, nous vivons un enfermement et le vocabularire du quotidien nous le prouve aisément:

  • On se rend dans des «casernes» ou on bosse dans une «boîte»
  • Danser en «boîte»
  • Rouler dans une «caisse»
  • Être enterré dans un «cercueil» qui n’est qu’une boîte rectangulaire.

Le fait de placer un cercueil dans la terre créé une séparation entre l’homme et la terre. Nos ancêtres eux enterraient le corps de leurs aïeux instinctivement dans la terre d’où nous sommes tous tirés.

Ainsi, nous vivons dans un monde quasi carcéral fait de portes, serrures, clés, digicodes et caméras de surveillance.

La subordination au lucre

La finance est une croyance d’essence quasi métaphysique, ancrée au plus profond de la subjectivité humaine.

L’économie était à l’origine faite pour gérer intelligemment la répartition des ressources avec le minium de dissipation. Aujourd’hui, c’est tout l’inverse: l’avarice et l’appât du gain dominent. On épuise les richesses de la terre – au détriment d’une main d’œuvre affaiblie -pour les vendre à des prix exorbitants. Tout cela afin de permettre à une caste de nantis en détresse morale de conserver les apparences en société.

Cette société marchande moderne pousse les hommes à l’immodérarion, au mimétisme, à l’envie et par conséquent à un mal être permanent. Un homme modéré triomphe de ces bêtises, en gardant son énergie pour ce qui est essentiel. Deux phénomènes s’opposent:

  • Nous appartenons à la Terre (ancêtres) versus
  • La Terre nous appartient (homme moderne)

Par conséquent, la mondialisation et la modernité sont anthropophages:

  • Disparités Nord-Sud considérables
  • Un citoyen sans salaire ni ressources perd toute réalité sociale et devient dépendant de l’État et des associations caritatives pour subsister.
  • Quotidien oppressant comblé artificiellement par une société de consommation qui ne répond pas à nos besoins profonds.

Les bouleversements des repères universels

Le repère universel le plus bouleversé aujourd’hui est le temps. Nous ne sommes plus basés sur les cycles éternels et cosmiques (saisons, jour et nuit) mais sur un rapport fragmenté en heures, minutes et secondes qu’il faut optimiser le plus possible car le temps est désormais indexé sur l’argent.

Le temps réel, convivial et solidaire a disparu et les écrans qui ne peuvent pas le racheter. On ne renforce pas les liens sociaux mais on connecte les solitudes.

La technologie, qui est bonne en soi, a été utilisée à des fins mauvaises: il faut tout mesurer, quantifier et comprimer en information volatile rapidement échangeable. Internet est en vérité «inter-pas-net» du tout car il peut «véhiculer, propager et mutualiser toutes les turpitudes du monde…»

De plus, notre rapport à elle est tel qu’il faut produire sans cesse des hyperspécialistes des machines car nous perdons le contrôle face à leur complexité sans cesse grandissante. Il faut s’adapter à la machine en permanence.

Le monde moderne est vulnérable dans le sens où l’homme est devenu tellement dépendant de la technologie, qu’une panne généralisée des électroniques provoquerait une apocalypse, comme le roman dystopique Ravage de Barjavel le décrit si bien.

La sobriété est une sagesse ancestrale

Pouvant être vue comme une posture délibérée contre la société de surconsommation, l’auteur préfère raconter l’histoire qui suit pour mieux en saisir le sens.

Le village africain

Respect des jeunes pour les ancêtres avec leur sagesse millénaire. Une force intérieure inégalée. Être capable de se contenter d’un: «Ça ira» ou «ça suffira» quand la vie est dure. Autrefois, un village africain ne réunissait pas plus de 150 euros et ne comptait pas sur la sécurité sociale. Aucune forme d’aide gouvernementale n’existait puisque tout fonctionnait sur un système de troc séculaire et leur agriculture. Elle était certes précaire mais efficace.

La loi du marché internationale s’est progressivement installé et a tué le système ancestral pérenne: besoin d’engrais pour la surproduction et l’exportation alors que ce dernier s’obtient à partir du pétrole qui est une matière première fort coûteuse… Au revoir la sobriété tranquille et heureuse d’autrefois.

Un témoignage important

L’auteur participe à une conférence sur l’agroecologie dans les pays sous-développés. C’est là qu’il rencontre un ami laotien lui racontant comment était la vie au sein de son village de 200 habitants. Entraide, solidarité et réciprocité étaient les maîtres-mots. Cependant, un agent de la Banque mondiale fit un rapport et déclara que ce village traditionnel «archaïque» ne contribuait à aucune richesse due à un production trop faible.


De la même manière, avant la Revolution industrielle, l’Europe était admirée pour ses cultures, traditions et valeurs séculaires. Tout cela malgré une oppression exercées par le clergé et les gouvernants assoiffés de privilèges.

C’est à l’argent, maître absolu, qu’il revient de décider de ce que sont les richesses, la pauvreté ou la misère.

Les paysans cévenols

Les travaux des champs allaient désormais rejoindre la transe industrielle. Le terre ne devait plus produire de la nourriture, mais cracher de l’argent.

Comment ne pas avoir la nostalgie du savoir-faire ancestral, de l’entreprise familiale, du paysan ou de l’artisan débrouillard, créatif, généreux et libre dans son terroir. Ces coeurs nobles sont aujourd’hui victimes d’un système oppressif qui sert une ploutocracie aveugle et stupide.

Il faut plaindre cette ère «pétrolithique» où l’homme moderne se moque des « idées passéistes » bien qu’au fond il voudrait y retourner.

Une sagesse ancestrale

Transporter du superflu condamne à une pesanteur incompatible avec une itinérance incessante sur des espaces infinis.

Les indiens d’Amérique pouvaient lors d’une chasse tuer plusieurs bisons sans prélever plus de viande que nécessaire. C’est le principe de sobriété dans l’abondance ou le simple fait d’être modéré. Non seulement cela, mais nos ancêtres savaient témoigner de la gratitude pour ce que la terre leur donnait. Ils savaient cultiver un esprit de générosité malgré la frugalité. C’était des êtres libres les yeux fixés sur une nature riche et capables de résister sereinement, sans plainte aux difficultés de la vie dans une terre inhospitalière.

Un art de vivre ensemble

Le but n’est pas d’avoir une nostalgie bébête du passé et de croire au mythe du « bon sauvage »… L’auteur aurait souhaité que le monde d’avant – quasi révolu – ait été enrichi par les valeurs positives de la modernité plutôt qu’aboli.

Le mode d’existence traditionnel semble être une sorte d’optimisation de l’art de vivre ensemble avec simplicité.

Cet art de vivre est incompatible avec l’appât du gain et le superflu, valeurs égoïstes. Il se cultive plutôt avec la simplicité, la tranquillité, la légèreté et la mise en valeur de ce que l’on reçoit.

Le lien avec le caractère sacré de la vie

L’auteur n’étant pas religieux mais humaniste, admire tout de même le beau côté de toute foi ancestrale : la vie considérée comme sacrée et digne de la plus grande considération.

Les hommes ne devraient pas se focaliser sur le questionnement subjectif d’une vie après la mort mais sur celui d’une vie AVANT la mort toute aussi pleine de mystères.

Pour lui, la vérité se révèle à celui qui fait silence et cesse de se poser la question du pourquoi et du comment de la vie. De toute manière, elle préexiste ce qui existe. La vérité de la nature se révèle aux humbles qui savent écouter son doux murmure.

Vers la sobriété heureuse

La pauvreté en tant que valeur de bien-être

Cela peut sembler paradoxal mais ce que l’auteur prône c’est l’autolimitation et donc la modération au sein d’une société où c’est le consumérisme sans limite qui anime inconsciemment les êtres humains. Comment cela marche en pratique ? Il l’explique par son parcours.

Fils d’un forgeron algérien et d’une mère partie trop tôt, l’auteur est confié à un couple de français lui enseignant à lire et à écrire. Après la guerre d’Algérie, il quitte sa terre natale pour la France et trouve du travail dans une entreprise spécialisée à Paris. Il rencontrera sa future épouse Michèle avec qui ils aspirent à une vie plus simple pour nourrir leur idéal de sobriété heureuse.

Ils s’installent dans l’ardèche cévelloise où il obtient en accéléré un brevet d’aptitude agricole avant de partir en vélo à la recherche d’un terrain propice pour démarrer l’aventure. Le couple finit par en trouver un à leur goût mais le Crédit Agricole devant fournir le prêt n’y croit pas du tout: de gros travaux sont à prévoir sur une terre inhospitalière et rochailleuse…

Ils demeureront plus d’une quarantaine d’année dans ce qu’il nomme son « petit royaume de la patience ». Les nombreux problèmes d’ordre matériel n’ont pas été pour lui un frein dans sa quête. Il voit plutôt cela comme un parcours initiatique ascendant qui lui a permis par la suite d’exporter ce savoir-faire au delà des frontières en Afrique sahélienne.

L’autolimitation volontaire

Il faut avouer qu’on ne peut échapper au progrès technologique et que nous sommes tous capitalistes. Nous jouissons tous d’un certain confort de vie. La limite entre sobriété et non-sobriété est devenue assez floue. On bascule rapidement dans le superflu une fois nos besoins de première nécessité satisfaits. Et c’est bien le cas pour une grande majorité en Europe… Mais pas en Afrique où l’auteur mène des actions solidaires en faveur de l’agroécologie.

L’autolimitation amène forcément à l’équité car tant que les besoins primaires ne seront pas satisfaits pour tous – dans un monde qui peut produire suffisamment – il y aura spoliation. Homo economicus ne comprend pas la réelle économie qui ne doit pas se baser sur une hiérarchie riche-pauvre mais sur le principe décroissance soutenable. La vraie économie doit produire du bonheur avec de la modération et non par la course vers le toujours-plus illimité. C’est cette dernière qui épuise les ressources et créé des disparités énormes entre les hommes.

On ne peut appliquer à une planète naturellement limitée un principe artificiel illimité.

Vers un changement humain

Il faut changer de paradigme: passer de la logique du profit à celle de l’humain, en travaillant à la sobriété du monde. On doit arrêter de « rafistoler » ce modèle mondialiste qui perpétue l’agonie écologique, économique, humanitaire, etc.

Photo de Rob Mulally sur Unsplash

En mettant la nature et l’humain au coeur de nos préoccupations

C’est la logique du vivant. Il faut prendre exemple sur les peuples – malgré leurs défauts – ayant su préserver l’harmonie de la nature en produisant le stricte nécessaire. Aujourd’hui, on épuise les ressources, on abîme et on fatigue la terre parce que la nature et le facteur humain ne sont pas une priorité.

Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l’argent ne se mange pas.

En rééquilibrant le masculin et le féminin

Le constat est sidérant: pas une once d’apport féminin dans le développement technologique des siècles passés. L’auteur parle d’un culte masculin de la puissance absurde. La femme qui est naturellement protectrice de la vie et modératrice, aurait dû y participer.

La société a non seulement longtemps dévalorisé la femme et sa force intérieure, mais aujourd’hui, elle prétend avoir résolu le problème en la survalorisant grâce au marché excessif de la beauté (cosmétique, mode, etc.). Les dépenses sont énormes et ces artifices ne peuvent remplacer une beauté intérieure bien plus grande à faible coût. C’est cela qu’il faut cultiver.

Il faut dynamiser les qualités de chacun (homme et femme) et les harmoniser car les deux sexes sont complémentaires.

Par une pédagogie de l’être

L’éducation actuelle est teintée d’une idéologie marchande et financière. On déforme pour formater et rendre conforme au lieu d’accompagner l’enfant vers la découverte de ce qu’il a en lui et de ce qu’il peut apporter à la société. L’amour de l’apprentissage fait place à une arène physique (salle de classe) et psychique (honte d’échouer permanente)…

Une éducation manuelle est essentielle dans ce monde d’handicapés… La nature n’est pas que concepts mémorisés mais nous invite à l’approcher et à la caresser.

L’enfant doit apprendre la complémentarité des sexes et la sobriété dans un monde où le « tout tout de suite » publicitaire a perverti les esprits.

Les jouets prêt-à-l’emploi tuent la créativité des enfants. De plus, ils véhiculent souvent une image empreinte des turpitudes de la société. Il faut en réduire le nombre et bien les choisir en tant que parents.

Quels enfants laisserons-nous à notre planète ?

En ne négligeant pas la condition de nos aînés

Pour Homo economicus, vieillir n’est pas s’accomplir, fructifier et transmettre avant de s’éteindre, mais déchoir avant de disparaître.
La personne âgée est vite mise de côté, cloîtrée et méprisée alors qu’au temps des familles nombreuses et solidaires quasi-révolu, l’ancien était chéri et considéré… La sagesse d’un être ayant du vécu n’a plus de valeur aujourd’hui.

Les personnes âgées constituent un électorat important à séduire car ils perfusent le système en décadence avec ce qu’on leur octroie. Les chômeurs et feignants vivant sur le dos de l’état sont souvent aidés par leurs aïeux ayant mis de côté et vécu avec modération. C’est le monde à l’envers.

Nos ancêtres avaient un respect pour la biodiversité et pour leurs bêtes dont ils connaissaient les conditions d’existence et la juste valeur. Aujourd’hui, on adule surtout des animaux de compagnie bébêtes – servant à combler un vide émotionnel – dont l’existence est peu conforme à leur véritable nature.

Il faut impérativement retrouver cet ordre transcendant lucide en l’associant intelligemment à ce qu’il y a de bon dans la modernité.

Par une indignation constructive

L’indignation est un puissant moteur contre la passivité et l’indifférence si elle permet d’aller vers le changement: dans ce cas, le passage d’une société aux valeurs mortifères à une société ayant celles de la modération associée à l’intelligence.

De nombreux modèles utopiques sont pensés aujourd’hui. C’est positif car cela prouve qu’il y a une volonté de nouveau ou de renouveau.

L’auteur ne voulant pas si limiter à des points de vus subjectifs, finit son ouvrage par une présentation de toutes les actions d’agroecologie visant à instaurer une sobriété heureuse partout où on la désirera au delà des frontières.

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